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27 juin 2026

Police municipale à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : mon analyse complète des coûts réels


Police municipale à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : mon analyse complète des coûts réels

C’est inscrit noir sur blanc sur le tract pour son élection : le maire a annoncé son intention de nous consulter par référendum sur la création d'une police municipale. C’est une décision majeure pour l'avenir de Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Pour que chacun puisse voter en toute conscience, loin des postures politiques, j'ai voulu poser les chiffres à plat.


Je me suis plongé dans les rapports financiers officiels, les textes réglementaires et les dernières données statistiques nationales pour analyser précisément ce que représente une telle structure. Pour que mon analyse soit la plus claire possible, j'ai séparé les coûts en deux catégories budgétaires bien distinctes :

  • Les dépenses de fonctionnement : C’est l'argent que la ville doit dépenser tous les ans pour faire tourner le service (les salaires, l'essence, les assurances). C'est comparable à l'essence et à l'assurance d'une voiture au quotidien.
  • Les dépenses d'investissement : C'est l'argent dépensé en une seule fois, principalement au démarrage, pour acheter du matériel durable (les uniformes, la voiture, les travaux). C'est comparable à l'achat de la voiture elle-même.

Voici les résultats de mes recherches, basés sur le scénario le plus réaliste pour démarrer : une brigade de deux personnes composée d'un chef brigadier et d'un brigadier.


1. Les dépenses de fonctionnement : le coût annuel de la brigade

En analysant les budgets des communes de notre taille, j'ai constaté que dans une police municipale, les dépenses de personnel représentent plus de 90 % de cette catégorie. Pour monter un service sérieux, il faut une hiérarchie. J'ai donc calculé les coûts annuels pour les deux profils :

  • Le Chef brigadier (Fonctionnement annuel) : Il gère le service, planifie les missions et fait le lien avec les élus. En raison de ses responsabilités, j'estime son coût total pour la commune entre 65 000 € et 75 000 € par an (salaire net, charges patronales et primes incluses).
  • Le Brigadier (Fonctionnement annuel) : C'est l'agent de terrain qui assure les patrouilles au quotidien. D'après mes calculs, son coût se situe entre 55 000 € et 60 000 € par an.
  • Les autres frais de fonctionnement : Il faut ajouter environ 5 000 € par an pour le quotidien (le carburant du véhicule, l'entretien, les abonnements téléphoniques et radio, les petites fournitures).

Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?
Sur un budget de fonctionnement estimé à 135 000 € par an, plus de 122 000 € vont directement aux salaires et aux charges patronales. Moins de 13 000 € servent à payer tout le reste (essence, radio, fournitures). C'est un engagement financier très rigide pour Saint-Aubin : si la commune doit faire des économies un jour, elle ne pourra pas gratter grand-chose sur le quotidien. Le seul moyen de baisser la dépense serait de supprimer un poste d'agent.

Mon constat sur le fonctionnement : Pour faire vivre ce binôme au quotidien, j'ai calculé que notre ville devra dépenser environ 135 000 € par an de manière définitive et répétée.


2. Les dépenses d'investissement : le matériel de départ

Avant de voir ce binôme patrouiller dans nos rues, la commune doit financer son matériel de démarrage. Ce sont des dépenses que l'on paie au début, puis que l'on amortit sur plusieurs années. J'ai répertorié les investissements obligatoires pour lancer le service.

Voici le tableau synthétique des frais d'investissement que j'ai pu évaluer :

Poste d'investissement Ce qu'il contient Les chiffres que j'ai trouvés
Équipement individuel (x2) Uniformes complets (été/hiver), gilets pare-balles, radios portatives, menottes, bâtons de défense. 6 000 € à 8 000 € (pour le binôme)
Véhicule sérigraphié (x1) Une voiture de patrouille équipée (gyrophare, sirène, marquage officiel). 40 000 € à 55 000 € (à l'achat)
Option armement (x2) Si la ville choisit l'armement létal (pistolet semi-automatique 9mm), achat des armes et du coffre sécurisé obligatoire. Environ 2 000 à  3 000€ (pour le service)
Aménagement des locaux Sécurisation d'un espace en mairie ou dans un bâtiment communal (porte blindée, informatique sécurisée). Variable (estimation min. 10 000 à  15 000€)

3. Le cas particulier des formations

On ne s'improvise pas policier municipal. Le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) impose des règles strictes qui impactent les deux budgets :

  • En investissement de départ : La formation initiale obligatoire du brigadier coûte environ 1 500 € en frais pédagogiques. Mais j'attire votre attention sur un point : la commune va payer le salaire de l'agent (en fonctionnement) pendant plusieurs mois alors qu'il sera en centre de formation et donc absent des rues de Saint-Aubin.
  • En fonctionnement annuel : Les deux agents ont l'obligation de suivre des formations continues et des entraînements réguliers (notamment le tir réglementaire). Cela implique des coûts récurrents chaque année pour les munitions et l'accès aux infrastructures.

En résumé : le bilan de mon analyse

Si je résume l'ensemble de mes calculs pour la création de cette brigade (un chef brigadier, un brigadier et un véhicule) à Saint-Aubin-lès-Elbeuf :

  • La première année (Lancement) : J'estime l'enveloppe globale à environ 185 000 €. Cela cumule les investissements de départ (achat de la voiture, du matériel, travaux) et la première année de fonctionnement (salaires et charges).
  • Les années suivantes (Vitesse de croisière) : Il faudra budgétiser environ 135 000 € par an en dépenses de fonctionnement pur pour maintenir le service actif.

Pour une commune comme la nôtre, ces sommes représentent un vrai choix budgétaire. Cet argent devra être trouvé soit en réduisant les dépenses dans d'autres services publics de la ville, soit en adaptant la fiscalité locale. L'enjeu de ce référendum sera donc de peser le bénéfice d'une sécurité de proximité face à son impact réel et concret sur les finances de notre commune.

Je vous laisse la parole dans les commentaires : que pensez-vous de ces chiffres et de cette répartition ? Le débat est ouvert !


Les sources officielles qui m'ont permis de réaliser cette étude :

Pour éviter les approximations, j'ai croisé plusieurs documents publics et institutionnels disponibles en ligne :

  1. L'Observatoire des Finances et de la Gestion Publique Locales (OFGL) : J'ai utilisé leurs analyses sur les coûts des polices municipales. Leurs rapports et études thématiques sont consultables sur le portail officiel des collectivités : collectivites-locales.gouv.fr.
    Mots-clés à taper dans leur barre de recherche : "Rapport OFGL polices municipales nouveaux éclairages".
  2. La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) : Les données brutes des budgets de toutes les communes de France (pour comparer les villes de taille similaire à Saint-Aubin) sont accessibles de manière transparente sur la plateforme d'ouverture des données publiques : data.gouv.fr.
    Mots-clés à taper : "Données comptables des communes budgets principaux".
  3. Le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) : Pour consulter le catalogue complet, les obligations réglementaires et les livrets de formation des policiers municipaux, vous pouvez vous rendre sur leur site : cnfpt.fr.
    Mots-clés à taper : "Guide formation intégration police municipale catégorie C".
  4. Le Ministère de l'Intérieur / Grilles indiciaires : Les décrets fixant les salaires de base (indices), les primes et l'évolution de carrière des brigadiers sont publiés officiellement sur le site du service public de la diffusion du droit : legifrance.gouv.fr ou plus simplement sur emploi-collectivites.fr.
    Mots-clés à taper : "Grille indiciaire brigadier de police municipale".

05 juin 2026

Affichage des drapeaux dans les écoles : que dit la loi et quelle est la situation à Saint-Aubin-lès-Elbeuf ?

Affichage des drapeaux dans les écoles : que dit la loi et quelle est la situation à Saint-Aubin-lès-Elbeuf ?

La présence des symboles de la République sur les bâtiments publics est un sujet encadré par des textes de loi précis. En observant les façades des différentes écoles maternelles et élémentaires de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, on peut s'interroger sur la réglementation en vigueur concernant l'affichage des drapeaux.

Voici un point complet sur les obligations légales, les constats sur le terrain et les questions légitimes que cela soulève.




1. Ce que dit la loi : une double obligation


En France, l'affichage des symboles nationaux et européens dans les établissements scolaires (publics et privés sous contrat) est strictement obligatoire. Cette règle s'applique à deux niveaux distincts :

Sur la façade des bâtiments (depuis 2013)
Depuis la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République (dite loi Peillon), les écoles doivent obligatoirement afficher trois éléments au-dessus de leur entrée ou sur leur façade principale :
  • Le drapeau français (tricolore).
  • Le drapeau européen (bleu à douze étoiles d'or).
  • La devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité ».
La loi impose l'affichage des deux drapeaux ensemble ; il n'est pas autorisé de n'en mettre qu'un seul.

À l'intérieur des salles de classe (depuis 2019)
La loi pour une école de la confiance (dite loi Blanquer) a étendu cette obligation à l'intérieur même des bâtiments. Désormais, chaque salle de classe doit afficher le drapeau français, le drapeau européen, la devise de la République et les paroles de l'hymne national, La Marseillaise.

2. Le constat sur le terrain à Saint-Aubin-lès-Elbeuf

Lorsque l'on examine les établissements scolaires de notre commune depuis l'espace public (comme les écoles Marcel Touchard ou Louise Maille et Gaston Pécoud), les drapeaux tricolores et européens sont globalement invisibles depuis la rue.

On note une seule exception sur l'un des bâtiments anciens en briques, qui arbore un petit écusson bleu-blanc-rouge rigide fixé près d'une fenêtre du premier étage. Pour toutes les autres structures, aucun drapeau n'est immédiatement visible pour les passants.

3. Oubli technique ou choix délibéré : les questions qui se posent

Ce décalage flagrant entre les textes officiels et la réalité visuelle des façades pousse à s'interroger sur les raisons de cette absence. Plusieurs questions se posent aujourd'hui :

  • Pourquoi la mairie n'affiche-t-elle pas ces drapeaux ? S'agit-il d'une simple négligence logistique qui dure depuis des années, ou d'une réelle volonté de ne pas vouloir afficher ces symboles sur l'extérieur de nos écoles ?
  • Est-ce une question d'idéologie ? Le choix de laisser ces symboles hors de la vue des habitants et des enfants sur l'espace public reflète-t-il un positionnement politique particulier de la municipalité vis-à-vis des emblèmes nationaux et européens ?

Il faut savoir que si la loi rend cet affichage obligatoire, elle n'a prévu aucune amende ni sanction financière pour les communes qui ne s'y conforment pas. La mise en œuvre dépend donc uniquement de la gestion de chaque mairie, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.

4. Au-delà du texte légal : le respect de la Nation et des habitants

Au-delà de la simple règle juridique, la présence des drapeaux sur nos écoles touche directement à deux principes fondamentaux de la vie républicaine :

  • Le respect de la Nation : Le drapeau tricolore est l'emblème de notre pays, le symbole de notre histoire commune et des valeurs constitutionnelles qui nous unissent tous. Reléguer cet affichage au second plan ou le rendre invisible depuis l'espace public peut être ressenti comme un manque de considération envers la Nation et envers les institutions que les écoles représentent.
  • Le respect des habitants : Les citoyens de Saint-Aubin-lès-Elbeuf sont en droit d'attendre que leur municipalité applique les lois nationales sans exception. Respecter les habitants, c'est aussi leur offrir un cadre de vie où l'appartenance à la République est affichée clairement et fièrement sur le fronton des bâtiments communaux, sans dissimuler ses emblèmes derrière les grilles de la cour.

Conclusion

L'affichage conjoint des drapeaux français et européen ainsi que de notre devise républicaine constitue une obligation légale claire pour tous les établissements scolaires. À Saint-Aubin-lès-Elbeuf, la discrétion totale de ces symboles pose question. Une mise en conformité visible des façades de nos écoles permettrait ainsi de garantir le strict respect de la loi et de lever toute ambiguïté.

Et vous, quel est votre avis ?

Pensez-vous que la mairie doit installer les drapeaux de manière bien visible sur la rue dès à présent ?

N'hésitez pas à partager vos réflexions dans l'espace commentaires.

Fabien Monvoisin

02 juin 2026

Trafic de stupéfiants à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : que disent vraiment les chiffres ?

Trafic de stupéfiants à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : que disent vraiment les chiffres ?

Saint-Aubin-lès-Elbeuf n’est peut-être pas encore Marseille ou Nice, mais la réalité des chiffres officiels nous invite à regarder de près ce qui se passe sur notre territoire. Loin des clichés des grandes métropoles, l'économie souterraine trouve aujourd'hui sa place dans les communes de taille moyenne, et notre ville n'échappe pas à cette tendance.

Pour mieux comprendre la situation, il est utile de se pencher sur les dernières données du ministère de l’Intérieur et du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).



Une hausse de +17 % constatée sur la commune

Les statistiques récentes montrent une progression claire : +17 % pour le trafic de stupéfiants. Il est important de préciser que cette augmentation est calculée sur le maillage propre de la commune de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, et non sur une moyenne globale de l'agglomération.

Cette évolution confirme que les réseaux de revente et les activités liées à ce marché illicite touchent directement les quartiers saint-aubinois. Ce phénomène, autrefois perçu comme un problème réservé aux grandes villes, est désormais une réalité de proximité.

Quel impact sur la vie quotidienne ?

Pour une commune d'environ 8 400 habitants, le développement du trafic de drogue ne se résume pas à de simples pourcentages dans un rapport de police. Sur le terrain, cette économie souterraine génère des conséquences très concrètes pour les riverains :

  • L'occupation de l'espace public : La présence de points de revente entraîne souvent des va-et-vient réguliers et l'appropriation de certains lieux communs (halls d'immeubles, coins de rue, parkings).

  • Le sentiment d'insécurité : Ces situations perturbent la tranquillité publique et créent une inquiétude légitime chez les habitants et les familles pour leur cadre de vie.

  • Les risques de tensions : L'installation de réseaux locaux peut amener des conflits de territoire discrets mais réels, nuisant à l'ambiance paisible de nos quartiers.

Regarder la réalité en face pour mieux y répondre

Poser ce diagnostic n’a pas pour but de dramatiser la situation, mais de s'appuyer sur des faits transparents. Les réseaux de distribution s'adaptent et s'enracinent partout, et les petites villes doivent aujourd'hui faire face à de nouveaux défis en matière de sécurité et de tranquillité publique.

L'enjeu pour Saint-Aubin-lès-Elbeuf est désormais d'observer ces indicateurs avec attention afin que les acteurs locaux puissent adapter au mieux les réponses de proximité.

Et vous, constatez vous une évolution de cette situation dans votre quartier ?

N'hésitez pas à partager vos observations et vos réflexions dans l'espace commentaires, toujours dans le respect et l'écoute mutuelle.

Sources et méthodologie :

  • Chiffres de la délinquance et des stupéfiants : Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) – Base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie.

  • Données financières et budgétaires : Comptes des communes publiés par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) et l'Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locale (OFGL).

18 mai 2026

Analyse budgétaire à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : Comprendre les chiffres de notre commune

Analyse budgétaire à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : Comprendre les chiffres de notre commune

Quand on regarde les documents officiels de la mairie, il est parfois difficile de s'y retrouver avec toutes ces lignes comptables. L'objectif ici est de vous traduire ces chiffres de manière claire et transparente. Voici la réalité des finances de notre commune, résumée en quatre points essentiels, suivie des solutions possibles pour améliorer la situation.

L'objectif de cet article n'est pas de juger, mais de présenter les faits de manière accessible et de soulever les questions que ces chiffres inspirent pour l'avenir de notre commune.


1. L'illusion du "budget record" de 2024

La mairie a affiché un budget très impressionnant pour 2024. Mais attention, l'affichage est un peu trompeur. Pour atteindre ce chiffre, la ville a dû piocher 2,7 millions d'euros dans ses anciennes économies. 

C'est exactement ce que la mairie a fait pour l'année 2024 en affichant un budget record.

  • Le chiffre affiché sur le papier : 14 541 998 € de recettes.
  • La réalité : Les véritables recettes générées durant l'année n'étaient que de 11 808 730 €.

Le calcul de cette astuce :

14 541 998 € (Budget affiché) - 11 808 730 € (Vrais revenus) = 2 733 268 € qui ont été piochés dans les économies.

C'est un peu comme vider son livret A pour payer ses dépenses de tous les jours : cela donne l'impression d'avoir un compte bien rempli, mais cela cache une réalité plus inquiétante : les vraies rentrées d'argent de l'année sont en baisse.

👉 La question que l'on peut se poser : Comment la commune pourra-t-elle équilibrer ses futurs budgets lorsque ces réserves capitalisées par le passé auront été entièrement utilisées ?

Source officielle : Document du Budget Primitif (BP) de la Ville – Année 2024 (Page de synthèse générale – Tableau d'équilibre des recettes de fonctionnement).

2. 2023 : Des revenus en dessous des attentes

L'année 2023 n'a pas été à la hauteur des prévisions annoncées. À la fin de l'année, il manquait près de 1,7 million d'euros dans les caisses par rapport à ce que la mairie espérait récolter au départ. L'argent prévu n'est tout simplement pas rentré comme espéré.

L'année 2023 montre un écart important entre ces deux documents.

  • L'argent espéré (Prévu) : 13 793 282 €.

  • L'argent vraiment reçu (Réel) : 12 095 773 €.

Le calcul des "recettes manquantes" :

13 793 282 € (Prévu) - 12 095 773 € (Réel) = 1 697 509 € de moins que prévu.

​📌 L'analyse factuelle :

​À la clôture des comptes de l'année 2023, les recettes réelles ont été inférieures d'environ 1,69 million d'euros aux estimations de départ.

​👉 La question que l'on peut se poser : Face à un environnement financier de plus en plus mouvant, quels sont les leviers pour adapter les prévisions budgétaires au plus près des réalités du terrain ?

Sources officielles : Budget Primitif (BP) 2023 (Page du budget voté – Section des recettes) croisé avec le Compte Financier Unique (CFU) 2023 (Page du bilan réel des recettes exécutées).

3. La flambée du coût des salaires

C'est un point d'alerte majeur pour notre budget. Les dépenses liées au personnel ont fortement augmenté, notamment à cause de l'embauche de 18 employés supplémentaires en une seule année.

Les documents officiels permettent d'observer l'évolution de ce poste à Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

  • Le calcul du personnel supplémentaire (en 2024) :

32 arrivées (embauches) - 14 départs = 18 employés de plus en 1 seule année (soit une augmentation géante de +15,3 % pour atteindre 168 agents au total).

  • Le calcul du poids (charge) des salaires : 

6 200 000 € (Frais de personnel) / 14 000 000 € (Budget global du quotidien) = 0,442857.... soit 44,2 %.

Le résultat est sans appel : aujourd'hui, 44,2 % de l'argent du quotidien de la ville sert uniquement à payer les salaires. Presque la moitié de notre budget de fonctionnement est donc bloquée, ce qui oblige à jongler en permanence pour financer le reste (l'entretien de la commune, les services, les activités).

​📌 L'analyse factuelle :

​Les frais de personnel représentent désormais 44,2 % des dépenses courantes de la commune. Pour faire face à ces obligations et assurer la continuité du service (notamment pour la couverture des remplacements), la municipalité utilise des Décisions Modificatives (comme la DM1) votées en conseil municipal, qui permettent de transférer des crédits d'un chapitre à un autre en cours d'année.

👉 La question que l'on peut se poser : Quel est le juste équilibre à trouver pour stabiliser ces frais de fonctionnement tout en préservant les enveloppes dédiées à l'entretien des infrastructures et au soutien associatif ?

Sources officielles : Rapport Social Unique (RSU) 2024 (Pages de synthèse sur les effectifs et les mouvements RH) et Diaporamas du Conseil Municipal (Diapositives portant sur la Délibération de la Décision Modificative budgétaire DM1).

Courbe des recettes de fonctionnement de Saint-Aubin-lès-Elbeuf
entre 2018 et 2025


Ce graphique montre parfaitement l'effet de ciseau redouté : alors que les frais de personnel n'arrêtent pas d'augmenter (allant de 4,7 millions d'euros bruts à un total de 6,2 millions d'euros charges comprises), l'argent réel qui entre dans les caisses municipales (la courbe bleue) a chuté de près d'un million d'euros depuis son pic de 2020.

4. Une perte de revenus continue sur 5 ans

Pour mesurer l'évolution structurelle des finances de la commune, il est utile d'observer la tendance sur une période de cinq ans.

C'est exactement ce que représente l'année 2025.
  • Vrais revenus en 2020 (Le sommet de la montagne) : 13 544 597 €.
  • Vrais revenus en 2025 (Aujourd'hui) : 12 587 777 €.
Le calcul de la perte sèche :

13 544 597 € - 12 587 777 € = 956 820 € de perte.

​📌 L'analyse factuelle :

​Si l'on prend un peu de recul, la tendance est à la baisse. Entre l'année 2020 (qui reste la meilleure année financièrement) et les prévisions pour 2025, la ville a perdu près d'un million d'euros de rentrées d'argent annuelles.

👉 La question que l'on peut se poser : Comment concevoir une planification des projets locaux à long terme lorsque les recettes de fonctionnement connaissent une baisse structurelle ?


Sources officielles : Comptes Financiers Uniques (CFU) des années 2020 et 2025 (Pages de clôture des résultats réels de fonctionnement).

En conclusion pour mes lecteurs (enfin la conclusion)

Notre belle et heureuse commune n'est pas en faillite (ouf), mais elle utilise toutes les ficelles de la comptabilité publique pour masquer une baisse de ses revenus réels depuis cinq ans. L'analyse de ces quatre indicateurs montre que la gestion d'une commune requiert une adaptation constante face aux fluctuations des ressources et à la hausse des coûts fixes.

​Dans ce contexte, les relations financières avec la Métropole Rouen Normandie occupent une place de plus en plus centrale. Les délibérations du conseil municipal de mai 2026 soulignent l'importance des outils intercommunaux, tels que les attributions de compensation et les fonds de concours, pour soutenir le financement des investissements locaux et des grands projets d'urbanisme.

​👉 La question finale : À l'heure où les ressources propres des communes se restreignent, quelle sera la part d'autonomie financière restante pour notre ville face au poids grandissant des structures intercommunales ?

L'espace commentaires est ouvert pour échanger de manière calme, constructive et factuelle sur ces enjeux qui concernent notre quotidien à tous.

Source officielle de la conclusion : Diaporamas du Conseil Municipal du 14 mai 2026 (Diapositives de fin de séance portant sur les conventions intercommunales, les fonds de concours de la Métropole et l'urbanisme).


Rédigé par : Fabien Monvoisin

14 mai 2026

[DÉBAT] Saint-Aubin-lès-Elbeuf : Quel avenir pour nos services publics de proximité ?

 [DÉBAT] Saint-Aubin-lès-Elbeuf : Quel avenir pour nos services publics de proximité ?

L’installation de nouvelles toilettes publiques à Saint-Aubin-lès-Elbeuf est au cœur des discussions depuis le conseil municipal du 12 mai. Si l'arrivée de cet équipement répond à un besoin de confort, les modalités de son utilisation et son coût pour la collectivité soulèvent des questions importantes.


Les nouveaux sanitaires installés en centre-ville de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Un investissement entre 40 000 € et 50 000 €

D'après les données consultées dans le Rapport d'Orientation Budgétaire (ROB) 2026, l'installation de ce sanitaire représente un investissement de 40 000 €.

Les chiffres et le contrat officiel

L'achat et l'installation de cet équipement sont actés par la Décision n° 2024-013.

  • L'entreprise : La commune a choisi la société FRANCIOLI, spécialiste des sanitaires publics en béton.
  • Le coût exact : L’investissement s'élève à 43 200,00 € HT, soit un total de 51 840,00 € TTC payés par la collectivité.

Ce montant significatif pour le budget municipal interroge sur le modèle économique choisi : l'accès est en effet conditionné par un paiement de 0,50 € via carte bancaire ou smartphone. Si la municipalité justifie ce tarif par la nécessité de couvrir l'entretien et la propreté, la question du retour sur investissement et de l'accessibilité réelle reste posée.



Le terminal de paiement sans contact, unique moyen d'accès au service.

L’enjeu de l’hygiène et de la santé publique

Au-delà de l'aspect technique et financier, l'analyse des documents budgétaires et les débats en conseil mettent en lumière une question de fond : celle de la réponse de la ville aux besoins biologiques naturels.

  1. 1. La question de l'hygiène féminine

L’accès à des sanitaires est un maillon essentiel de la santé publique, particulièrement en ce qui concerne l’hygiène menstruelle. Pour les femmes, et notamment les jeunes filles, l’accès à un point d'eau et à des toilettes est une nécessité de santé impérieuse.

Le choix d'un accès payant par carte bancaire crée une barrière technique concrète. Une situation qui risque d'engendrer une précarité sanitaire en plein cœur de notre commune pour celles qui ne posséderaient pas de moyen de paiement dématérialisé au moment opportun.

  1. 2. La mobilité des seniors et l'accessibilité

Le constat est identique pour les aînés. La certitude de trouver des sanitaires accessibles, sans contrainte financière ou technologique, est souvent une condition essentielle pour maintenir une vie sociale et se déplacer sereinement en centre-ville.


Un équipement qui interroge sur l'accessibilité universelle dans l'espace public.

Supprimer la barrière du paiement (qu'elle soit financière ou technologique par l'usage obligatoire de la carte), c'est avant tout garantir que l'espace public reste accueillant pour toutes les générations, y compris pour ceux qui ne sont pas familiers avec le paiement numérique.

Une question de modèle urbain

Cet investissement de 40 000 € inscrit au budget interroge notre vision du service public : doit-il être financé exclusivement par l'impôt (gratuité à l'usage) ou par une contribution directe de l'usager ?

Garantir la gratuité totale, c'est s'assurer que chaque citoyen, quels que soient son âge, son sexe ou ses moyens financiers, puisse circuler dans Saint-Aubin-lès-Elbeuf avec la certitude que ses besoins essentiels et sa dignité seront respectés.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Le passage au "tout numérique" et le paiement à l'acte vous semble-t-il adaptés à notre commune ?

Fabien Monvoisin

Source : Rapport d'Orientation Budgétaire (ROB) 2026 (page 11)

Photo personnel (droit d'auteur) : Ne pas utiliser (Article 9 du Code civil)

10 mai 2026

Sécurité et Fiscalité à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : Le Grand Décalage

Sécurité et Fiscalité à Saint-Aubin-lès-Elbeuf : Le Grand Décalage


Alors que les contributions locales demandent un effort constant aux habitants, les investissements en matière de sécurité locale semblent marquer le pas. L'examen du Budget Primitif 2026 met en lumière des arbitrages financiers qui privilégient le fonctionnement général plutôt que le renforcement direct des dispositifs de protection.

Budget municipal : quelle est la part consacrée à la sécurité de proximité ?

En analysant de près le budget de notre commune, un chiffre permet de mieux comprendre la répartition de nos ressources : environ 14 € par habitant sont directement injectés dans nos dispositifs de sécurité locale.

Une fois les frais généraux de structure et la masse salariale globale pris en compte, l'enveloppe nette dédiée aux équipements de protection de proximité (comme la vidéoprotection ou le matériel de patrouille) représente une part très ciblée du budget. Pour illustrer cette répartition, les dépenses courantes de fonctionnement global de la ville restent nettement supérieures aux investissements directs dans ce secteur. C'est le reflet de choix budgétaires qui privilégient d'autres services du quotidien, laissant une part mesurée, de l'ordre de quelques centimes par euro investi, à la sécurité matérielle directe.



L'évolution de l'insécurité : L'alerte est lancée

Les chiffres de la délinquance montrent une accélération préoccupante. La délinquance n'est plus un simple "ressenti", c'est une réalité statistique qui explose.



  • Délinquance générale (+27 %) : Une accélération brutale qui sature les capacités d'intervention actuelles.
  • Trafic de stupéfiants (+17 %) : L'économie souterraine s'installe durablement, avec toutes les nuisances que cela implique pour nos quartiers.
  • Atteintes aux biens (+4 %) : Les cambriolages et les dégradations continuent de progresser, touchant directement l'intimité des familles.

Fiscalité locale : comprendre l'évolution de vos impôts malgré des taux stables

Il est souvent mis en avant, et à juste titre, que la municipalité maintient la stabilité de ses taux d'imposition locaux. C'est une réalité de gestion technique importante. Cependant, vous l'avez peut-être constaté sur votre propre avis, le montant final à payer peut tout de même évoluer à la hausse.

Cette situation s'explique par un mécanisme mécanique : la revalorisation annuelle des bases fiscales, qui est décidée au niveau national par l'État (notamment pour suivre l'inflation). Ainsi, même lorsque la commune choisit de ne pas augmenter sa part, la contribution demandée aux ménages progresse légèrement au fil des ans sous l'effet de cette décision nationale.

Sur les quatre dernières années, les propriétaires locaux ont constaté une augmentation cumulée de leur taxe foncière qui frôle les 15 %, un impact concret sur les budgets des ménages. Pour bien comprendre où vont nos contributions, il est intéressant de regarder de plus près la structure des dépenses de notre commune.

Le premier poste de dépenses d'une ville est traditionnellement lié à ses équipes. À Saint-Aubin, la masse salariale s'élève à environ 5 millions d'euros, ce qui représente un peu plus de la moitié du budget de fonctionnement total. Ce montant reflète le coût des services publics de proximité assurés au quotidien par les agents municipaux (écoles, entretien, services administratifs et techniques). L'enjeu pour la gestion locale reste donc de concilier le financement de ces services indispensables avec la préservation du pouvoir d'achat des habitants.

Conclusion : Où sont nos priorités ?

La structure administrative actuelle laisse peu de place à la souplesse :
  1. Une masse salariale massive (5 millions d'euros) qui absorbe l'essentiel de nos impôts.
  2. Un investissement sécurité "peau de chagrin" (14 € par habitant).
  3. Une délinquance qui explose (+27 %).

Avec seulement 50 % des ménages imposés sur le revenu à Saint-Aubin, la pression fiscale repose sur une base de plus en plus fragile. Ce nouveau mandat 2026-2032 doit impérativement répondre à cette question : préférons nous financer la structure administrative ou la protection des citoyens ?

Les chiffres sont là ! Tant que la municipalité considérera la sécurité comme une variable d'ajustement budgétaire et non comme un service de première nécessité, notre taxe foncière financera une administration lourde plutôt qu'une tranquillité durable.


Votre avis compte !

Faut-il réallouer une partie des 5 millions de frais de fonctionnement pour créer une véritable police municipale active de jour comme de nuit ou investir massivement dans la vidéoprotection ?
Le débat est ouvert, donnez votre avis en commentaire !


Sources :

1. Les données concernant le taux de pauvreté (16 %) et la proportion de ménages imposés (autour de 50 %) proviennent de l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee), via leur comparateur de territoires.
Source : Insee - Dossier complet de la commune de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.
Lien officiel : insee.fr/fr/statistiques 
(Il faut taper le nom de la commune ou le code postal 76410 dans la barre de recherche du site).
2. Les données annuelles concernant les faits constatés (Atteintes aux biens, trafics, etc.) sont publiées par le Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure (SSMSI), qui met à disposition les données de délinquance à l'échelle communale.
Source : SSMSI (Ministère de l'Intérieur) - Bases de données communales de la délinquance.
Lien officiel : interieur.gouv.fr/Interventions/Securite-et-delinquance/SSMSI (Base "Délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales").
3. Les chiffres de la masse salariale (5 millions d'euros) et du budget alloué à la sécurité (14 €/habitant) sont issus des documents comptables locaux. L'évolution de la taxe foncière dépend des bases votées par l'État (Loi de Finances) et du taux communal.
Source : Documents budgétaires (BP 2026) de la mairie de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et données de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP).

08 mai 2026

Au-delà des chiffres : ce que l'absentéisme nous coûte réellement

 



1. LE CONSTAT : 224 000 € DÉPENSÉS SANS SERVICE RENDU

Comme nous l'avons vu, l'absentéisme représente l'équivalent de 8 agents payés à l'année sans être à leur poste. Pour une commune de la taille de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, ce chiffre est un signal d'alarme. C'est l'équivalent du coût de plusieurs projets de rénovation urbaine ou de sécurité qui s'évapore chaque année.

2. L'EFFET "DOUBLE PEINE" : LE COÛT CACHÉ DES REMPLACEMENTS

L'erreur serait de croire que cela ne coûte "que" 224 000 €. En réalité, la mairie subit la double peine financière :

  • On continue de payer le salaire (ou les indemnités) de l'agent absent.

  • Il faut souvent recruter des contractuels ou des intérimaires en urgence pour assurer le service minimum (propreté, cantines, accueil).

Le RSU 2024 confirme d'ailleurs une forte proportion d'agents non permanents. Cette gestion "au jour le jour" est la plus coûteuse pour le contribuable.

3. FOCUS SUR LA FILIÈRE TECHNIQUE : UN CADRE DE VIE EN SOUFFRANCE

Avec plus de 109 000 € d'absentéisme dans la seule filière technique, les conséquences sont visibles dans nos rues :

  • Délais rallongés pour les réparations de voirie.

  • Entretien des espaces verts moins fréquent.

  • Épuisement des agents présents qui doivent compenser l'absence de leurs collègues, créant un cercle vicieux.

4. L'ALERTE ROUGE : 55 JOURS D'ARRÊT PAR ACCIDENT

C'est l'un des points les plus sombres du rapport : un accident du travail à Saint-Aubin dure en moyenne 55 jours. Ce chiffre interpelle sur plusieurs points :

  • Le matériel : Est-il adapté et moderne ?

  • La formation : Les agents sont-ils assez formés à la sécurité ?

  • Le suivi : Pourquoi le retour à l'emploi est-il si long ?

Une municipalité efficace ne se contente pas de constater les absences ; elle agit sur la prévention pour protéger ses agents et les finances de la ville.

5. LES QUESTIONS QUE NOUS POSONS À LA MAIRIE

Pour engager le débat, voici les questions que chaque citoyen est en droit de poser :

  1. Quel est le coût réel global incluant les frais de remplacement par des intérimaires ?

  2. Quelles mesures concrètes de prévention des risques ont été mises en place pour réduire la durée des arrêts (55 jours) ?

  3. Comment expliquer que les agents contractuels soient deux fois plus absents que les titulaires ?


Fabien Monvoisin
Sources : Rapport Social Unique 2024 et Compte Financier Unique 2025